Encore moi!

Publié le par Léo Nil

L'indiscipline aveugle et de tous les instants fait la force principale des hommes libres .

"Alfred Jarry"

 

 

Sur fond vert, un bonhomme affiche un grand sourire, il dit "Encore moi !" et lève le majeur. La "une" du numéro 1 de Siné Hebdo annonce la couleur. "Certains trouveront probablement le titre de ce nouveau journal un peu trop immodeste, écrit Maurice Sinet, dit "Siné", dans son premier éditorial. Qu'ils sachent que je m'en contrefous ! La modestie et moi, ça a toujours fait deux et plus je prends de la bouteille, pire c'est."

Sorti dans les kiosques mercredi 10 septembre, cet hebdomadaire de 16 pages vendu 2 euros – au même prix que son rival, Charlie Hebdo – se veut un journal "mal élevé". "Le trouillomètre des Français est descendu bien au-dessous de 0", dénonce le caricaturiste, 79 ans, licencié en juillet de Charlie pour "antisémitisme". "C'est pour dénoncer cette situation insupportable que j'ai réuni, sous ma bannière de pestiféré, une bande de trublions bien décidés à ruer dans les brancards du pouvoir et à secouer violemment le cocotier afin de faire tomber les masques de tous les faux-derches". Parmi la bande de "trublions", on trouve notamment les humoristes Guy Bedos et Jackie Berroyer, le philosophe Michel Onfray, les journalistes Delfeil de Ton et Denis Robert, ou encore les dessinateurs Geluck, qui "a perdu son chat", et Tardi.

Ce numéro un revient, bien sûr, sur "l'affaire" qui a agité le milieu intellectuel cet été, mais les mots "Philippe Val" et "Charlie Hebdo" y sont proscrits. Dans la rédaction installée dans sa maison, explique Siné, "il y a une tirelire ; les gens doivent y jeter une pièce à chaque fois qu'ils prononcent l'un des deux gros mots !"

"REFILER LE BÉBÉ À QUELQUE JEUNE"

Pas de "gros mots" donc dans ce numéro 1, mais des allusions implicites, comme ce doigt d'honneur en "une" – "c'est pour Val !" explique Siné – ou la chronique de Raoul Vaneigem qui dénonce la "résurrection du communautarisme identitaire, ethnique et religieux". Le mot "antisémitisme" revient quant à lui à plusieurs reprises dans les pages de l'hebdomadaire, comme dans cet article sur les "bavures" de la journaliste de France 2, Françoise Laborde. "Si on applique les critères qui ont désormais cours à la direction des ressources humaines de la plupart des journaux, on peut affirmer avec certitude que Françoise Laborde n'est pas antisémite".

Imprimé entre 130 000 et 150 000 exemplaires, Siné Hebdo est lancé avec un capital d'un peu plus de 20 000 euros, souscrit par Siné et son épouse, Guy Bedos et Michel Onfray. Le couple Sinet a "cassé" son assurance-vie pour financer le journal. "On est allé voir notre banquière, qui avait signé le manifeste pro-Siné. Elle a dit qu'elle était avec nous et nous a autorisés d'être à découvert", a raconté le dessinateur, qui "rêve", à terme, de "refiler le bébé à quelque jeune" de "garder juste un petit coin" pour écrire. Parmi les collaborateurs, "personne m'a demandé combien il allait être payé, et heureusement !" Quant à l'imprimeur, il lui a fait crédit.

Le dessinateur n'en a toutefois pas fini avec les démêlés judiciaires. Mardi, le tribunal de Lyon a fixé au 27 janvier l'audience de la plainte déposée par la Ligue internationale contre le racisme et l'antisemitisme à son encontre pour "incitation à la haine en fonction de la religion d'une personne".

Le Monde.fr

 

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